Le 3
septembre 2002 - L’étude réalisée pour
Cap Gemini
Ernst & Young et dont les principaux résultats ont été
présentés lors de la
23ème université d’été de la Communication à Hourtin
vise à mieux connaître le rapport qu’entretiennent les Français
avec les services publics sur Internet. Cette enquête permet
notamment de mieux cerner leurs usages de l’Internet public,
leurs motivations, leurs freins et leurs attentes. Principaux
enseignements de cette étude : l’administration en ligne fait
déjà partie de l’univers des internautes et aujourd’hui, les
usages concernent davantage la recherche d’information que les
services interactifs. Motivés par un souci de simplification des
démarches administratives et de proximité, les internautes –
comme l’ensemble des Français – focalisent leurs attentes dans
trois domaines : l’emploi, l’éducation et la santé. Reste un
double frein à l’utilisation de l’Internet public : sa faible
pénétration pour l’ensemble des Français, et la méfiance qu’il
suscite parmi les internautes (risque de piratage, manque de
confidentialité des données…). Enfin, en matière de
rapprochement usagers-administration, plus d’un Français sur
deux préfère disposer d’un service en ligne au niveau local
plutôt qu’au niveau national. Pour ce faire, l’amélioration de
la qualité des sites, le développement de l’accès à Internet, la
simplification des procédures et du langage administratifs, et
des campagnes d’information sur les services existants
apparaissent comme les clés de la réussite de ce rapprochement.
L’administration en ligne fait déjà partie de l’univers des
internautes
L’Internet
public est attractif et son utilisation est déjà largement
répandue chez les internautes : 74% d’entre eux ont déjà
consulté un site Internet d'administration ou de service public.
Les plus grands utilisateurs sont les 18-24 ans (83%), les
internautes utilisant Internet au quotidien (83%), et les
habitants de petites villes de 2 000 à 20 000 habitants (84%).
Aujourd’hui,
les usages concernent davantage la recherche d’information que
les services interactifs
La
fréquentation des sites publics relève principalement de la
visite de découverte ou de recherche d’information : 35% des
internautes sont allés sur un site public sans savoir quoi y
chercher ; 40% ont visité un site public pour y chercher de
l'information ; et entre 5 et 11% ont utilisé des services
interactifs (comme l’obtention de formulaires ou le paiement
d’impôt en ligne).
Un outil de
simplification des démarches administratives et de proximité
entre l’administration et les usagers
Les
utilisateurs des sites publics (28% de l’échantillon) sont avant
tout motivés par un souci de simplification de leurs démarches
administratives : 58% les ont utilisés pour éviter les files
d’attente et déplacements ; 35% pour gagner du temps par rapport
aux délais postaux, et 29% pour éviter de téléphoner dans des
centres administratifs.
L’ensemble des
Français voient d’ailleurs dans Internet un facteur potentiel
d’amélioration des relations entre administrations et usagers :
68 % des personnes interrogées pensent ainsi qu'Internet
rapprochera les services publics des besoins des citoyens (85%
des internautes, 88% de ceux ayant déjà visité un site
administratif, et 83 % des jeunes de moins de 24 ans).
Attentes en
priorité dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de la
santé
Les attentes
prioritaires des Français vis à vis de l'Internet public se
situent dans les domaines de l'emploi (41% pensent qu’Internet
va permettre d’améliorer les prestations de l’administration
dans ce domaine), la santé (24%), l'éducation (23%) et les
services sociaux (20%). Les internautes ont des attentes plus
poussées dans le domaine de l’emploi (58%), de l’éducation
(33%), de la santé (29%) et de la fiscalité (27%).
La faible
pénétration d’Internet, principal frein à l’utilisation des
sites administratifs pour les Français ; la méfiance, principal
obstacle pour les internautes
Chez les non
internautes, les obstacles matériels constituent le principal
frein à l’utilisation de l’Internet public : la non utilisation
d’Internet en général (67%) et l’absence d’accès à Internet à
domicile (27%) sont les motifs les plus fréquemment avancés.
Chez les internautes, ce sont la préférence pour le contact
humain (15%), mais surtout une certaine méfiance par rapport à
Internet (risque de piratage des données confidentielles,
crainte des erreurs de saisie ou de transmission : 27% au total)
qui expliquent l’essentiel de leurs réticences.
Une attente
forte de développement des sites locaux
Le
rapprochement entre les usagers et l’administration passe par le
développement de sites proches d’eux, à l’échelon local : 51 %
des personnes interrogées préfèrent ainsi disposer des services
publics en ligne au niveau local (site du département, de la
ville ou des administrations locales), plutôt qu’au niveau
national. L’attente d’Internet local n’est pas liée à la taille
de la ville des interviewés : les habitants d’agglomération de
plus de 100 000 habitants sont tout aussi intéressés que ceux
des villes de moins de 2000 habitants.
Qualité,
développement de l’accessibilité à Internet, simplifications
administratives et communication : 4 clés de succès pour le
rapprochement usagers-administrations
Les conditions
de succès identifiées par les internautes :
- l’exigence de
services Internet de qualité, passant notamment par la mise à
jour régulière des contenus (cité par 36% des Français et 52%
des internautes);
-
l’élargissement de l'accessibilité à Internet, avec notamment le
développement de centres d’accès gratuits (35% des Français et
42% des internautes) et la formation aux nouvelles technologies
(respectivement 29 et 28%);
- la
simplification des procédures administratives (respectivement 25
et 33%) et du langage administratif (32%).
- la
communication (26% des internautes souhaitent des campagnes
d’information sur les services existants)