
Les maires d'Ile-de-France
et Internet
Le 28 juin 2001 – Les nouvelles technologies s’installent peu à peu dans les mairies, même s’il existe de réelles disparités entre les grosses et les petites communes. Pour autant, les maires perçoivent aujourd’hui les sites internet avant tout comme un outil d’information et de communication plutôt que comme un moyen d’offrir de nouveaux services à leurs usagers. Tels sont les principaux enseignements de l’étude réalisée par la Sofres pour ARTESI Ile-de-France auprès des maires de la région Ile-de-France.
Cette étude montre que si les nouvelles technologies commencent à pénétrer les maires d’Ile-de-France, il existe de fortes disparités selon la taille de la commune.
63% des communes franciliennes sont connectées à Internet (au moins un poste informatique dispose d’un accès), 24% ont un Intranet, et 32% d’entre elles ont un site web.
La taille de la commune facteur de disparités
Le développement des nouvelles technologies est toutefois très inégal selon la taille des communes interrogées. Si la quasi totalité des communes de plus de 3 000 habitants sont connectées, ce n’est le cas que pour 28% de celles de moins de 500 habitants. 58% des villes de plus de 10 000 habitants ont un intranet, mais seulement 10% de celles de moins de 3 000 habitants. Enfin, si plus d’une ville de 10 000 habitants sur deux dispose déjà d’un site web, seulement 13% des petites communes en sont dotées.
Des projets de création de site web dans la majorité des communes
La création des site web est toutefois un projet pour la plupart des villes qui n’en ont pas encore. 74% d’entre elles envisagent dans créer un dans les mois et années à venir, dont 33% d’ici 6 mois à un an.
Les principaux obstacles à la mise en place d’un site web sont liés au manque de savoir faire/à la méconnaissance d’internet (35%), et au manque de temps (35%) plutôt qu’à des questions financières (28%), notamment pour les communes de taille moyenne et les plus grosses. Dans les communes de moins de 500 habitants, c’est surtout la taille de la commune (et sans doute le manque de ressources ) qui constitue la principale raison de l’absence de site web. 63% de ces dernières la citant en effet comme le principal obstacle.
Internet : un outil d’information et communication directe avant tout
Les principaux apports des nouvelles technologies perçus par les maires, et notamment des sites internet, sont de deux ordres : ce sont d’abord des outils d’information/de communication et d’interactivité – de communication directe – avec les administrés. Les services qu’ils peuvent offrir au administrés ou leur rôle interne (rapidité du travail des agents municipaux, gains de productivité) sont aujourd’hui plus secondaires.
Ainsi, parmi les services que devraient proposer les sites internet des municipalités aux citoyens, l’information sur la vie de la commune (82%) et la possibilité de poser des questions aux élus (74%) sont les plus citées, devançant largement les discussions en direct (chat) avec les élus (47%). Les services en ligne tels que l’inscription à la crèche, à l’école ou dans les clubs sportifs, les demandes d’aides sociales ou le paiement des cantines, sont perçus comme moins prioritaires (cités par moins d’un tiers des maires interrogés).
Notons toutefois que les services envisagés par les mairies sont intimement liées, une fois encore, à la taille de la commune. Ainsi, les services d’inscription et de paiement en ligne sont plus fréquemment évoqués par les maires de grandes villes, en raison certainement de phases de développement de sites web plus avancées et de la nécessité de répondre aux demandes d’administrés urbains-actifs-occupés. On peut aussi penser que la distance et la rareté des contacts dans les grandes villes encouragent les maires de ces dernières à développer, plus qu’ailleurs, les systèmes de communication directe entre les élus et les administrés.
La développement d’internet dans les communes (subventions, consulting, assistance) doit s’appuyer, selon les maires franciliens, sur une multiplicité d’acteurs, notamment publics. Si 51% citent d’abord à ce titre les conseils généraux, 40% attendent un soutien de l’Etat et 38% du Conseil Régional d’Ile-de-France.
Stéphane Marcel