E-gouvernement
: la France à la traîne
Le 9 novembre 2001 - Taylor Nelson Sofres a conduit la première étude internationale sur l’utilisation des sites web gouvernementaux dans 27 pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie-Pacifique. Cette enquête permet ainsi de dresser un panorama international unique du " e-gouvernement " dans le monde et d’établir des comparaisons pays par pays. C’est en Norvège, au Danemark, Canada et en Finlande que la fréquentation des sites gouvernementaux est la plus forte. La France se situe au 11ème rang. Principal obstacle à une utilisation plus élevée des sites gouvernementaux relevé par notre étude : la faible sécurisation des données personnelles.
La France à la traîne
18% des Français (et 55%
des internautes) ont utilisé des services en ligne des sites gouvernementaux au
cours des 12 mois précédant l’enquête. La France se situe ainsi au 11ème
rang sur les 27 pays interrogés, et en dessous de la moyenne mondiale (26%).
Pourtant, le taux d'utilisation d'Internet en France (33%) est proche de la
moyenne des 27 pays étudiés (31%). Elle fait mieux que ses voisins européens
immédiats : l'Allemagne (17% d'utilisateurs de sites gouvernementaux) et la
Grande-Bretagne (11% d'utilisateurs de sites gouvernementaux).
L’utilisation des sites gouvernementaux oscille entre 53% en Norvège et 3% en
Turquie.
Les comportements des utilisateurs des sites gouvernementaux
Les comportements des utilisateurs français des sites gouvernementaux différent peu de ceux des autres pays : 14% y recherchent des informations (20% en moyenne dans l’ensemble des 27 pays étudiés), 6% y téléchargent des formulaires administratifs (9% dans le monde), 4% y fournissent des informations personnelles (7% dans le monde) et 2% ont utilisé différents services en ligne nécessitant de laisser leurs coordonnées bancaires ou de payer avec une carte de crédit (6% dans le monde).
Les jeunes, principaux utilisateurs des sites gouvernementaux
L’utilisation des sites gouvernementaux est plus fréquente chez les jeunes de 18 à 24 ans (43%) et les 25-34 ans (25%). Ces deux catégories d’âge sont aussi les plus nombreuses à utiliser ces sites pour payer en ligne ou fournir des informations personnelles. Autres catégories particulièrement utilisatrices des sites gouvernementaux : les foyers à hauts revenus et diplômés du supérieur.
La sécurité, un frein plus fort encore en France que dans les autres pays
84% des Français estiment qu’il est risqué ou très risqué de fournir des informations personnelles (numéro de carte de crédit, numéro de compte bancaire, rémunération) sur les sites gouvernementaux (contre 11% qui ne s’en inquiètent pas). Même si l’inquiétude est majoritaire dans l’ensemble des pays, ce frein est plus fort encore en France : 64% des personnes interrogées dans les 27 pays sont de cet avis. Les moins réfractaires sont les plus jeunes (21% des moins de 25 ans), les hommes (15% pour 8% chez les femmes), les personnes ayant des revenus élevés (17%) et les plus diplômés (22%).
L’inquiétude culmine chez les non-utilisateurs de sites gouvernementaux (87%), confirmant ainsi le frein que constitue la sécurité pour la fréquentation de ses sites, comme pour les sites d’achat en ligne d’ailleurs, comme l’avait déjà révélé notre enquête internationale sur le e-commerce.
Reste un enseignement particulièrement notable : la crainte de fournir des informations personnelles sur les sites gouvernementaux n’empêche pas d’y effectuer des transactions en ligne : 47% des internautes ayant effectué des transactions en ligne estiment qu’il n’est pas sûr d’y laisser des informations personnelles.