L'emploi dans la Net économie en France
 

 

Le 2 février 2001 – La deuxième vague du baromètre que réalise la SOFRES pour Stepstone annonce un ralentissement sensible des recrutements dans la nouvelle économie. Toutefois, le taux de croissance enregistré par le secteur au second semestre reste très important et on constate, au delà, que le ralentissement des perspectives des " pure-players " est compensé par le dynamisme de l’emploi dans les entreprises " click and mortar ".

 

Les entreprises de la Net économie interrogées (près de la moitié des sites Français les plus consultés, soit 168 sites) envisagent de recruter à un rythme moins soutenu dans le courant du premier semestre 2001 : elles prévoient de créer en moyenne 13 postes (1969 emplois, +14%), pour 17 au second semestre 2000 (2900, +26%).

 

La chute des valeurs technologiques et la nouvelle frilosité des investisseurs à l'égard des entreprises de la Net économie se sont effectivement traduites par une révision à la baisse du volume d'embauche dans les start-up Internet : en moyenne, elles ont créé 5 emplois de moins au second semestre 2000 que ce qu'elles prévoyaient en juin. Mais cette baisse a été compensée par une forte progression des créations d'emplois dans les entreprises Internet issues de l'économie "traditionnelle" (les "click and mortar"), qui ont effectué presque deux fois plus d'embauches que prévu (18 en moyenne au lieu de 10). En moyenne, les entreprises de la Net économie ont donc embauché conformément à leurs prévisions, et leurs perspectives de recrutement pour les six prochains mois sont désormais similaires. Les " pure players " seraient donc devenus plus réalistes.

 

Au total, les sites interrogés déclarent totaliser plus de 14 000 salariés. Sur ces bases, nous pouvons estimer qu'entre 20 000 et 25 000 personnes travaillent pour un site Internet. Surtout, ce qui caractérise principalement la Net économie est son taux de croissance impressionnant de l'emploi : + 26 % au second semestre 2000 avec près de 3000 emplois créés. Ces résultats sont d'autant plus intéressants que ces embauches comprennent une majorité d'emplois très qualifiés (cadres, Bac +4/+5) et concernent principalement des jeunes. Ils vont par ailleurs clairement à l'encontre du discours ambiant, centré sur les défaillances très médiatisées de quelques start-up.

 

Cette arrivée en force de l'économie traditionnelle est également porteuse d'espoir pour l'emploi dans ce secteur. Disposant des capacités d'investissement de leur maison mère, ces structures sont plus à l'abri de la volatilité des marchés financiers et leurs prévisions d'embauche sont donc beaucoup plus solides. Le ralentissement des créations d'emplois doit donc davantage être interprété comme l'entrée dans une phase de maturité du secteur que comme une crise.

 

Les profils de postes requis dans la Net économie demeurent très techniques : on demande des connaissances de plus en plus pointues. Les entreprises embauchent prioritairement des cadres (52%), de formation bac+4/bac+5 dans 39% des cas. Au palmarès des départements qui recrutent le plus, figure le service technique/informatique, qui représente à lui seul 32% des futurs recrutements, suivi par le département commercial avec 20%.

 

Cette vague d’enquête confirme la féminisation de la Net économie, balayant ainsi certaines idées reçues sur le profil des salariés du secteur : 39% des entreprises interrogées emploient 50% de femmes. Elle confirme également les résultats de la première vague sur la jeunesse des collaborateurs : l’âge moyen est de 29 ans sur l’ensemble de la population, et les moins de 30 ans représentent 60% du total.

 

Cette enquête fait également le point sur les rémunérations dans la Net économie. La pratique des stock-options est largement répandue parmi les entreprises interrogées : 42% des sites ont mis en place un tel système, et 71% en font bénéficier à l’ensemble des salariés (seuls 10% les réservent aux cadres dirigeants). Le salaire moyen (fixe + part variable) d’un webmaster s’établit à 195 000 francs bruts, celui de chef de pub à 220 000 francs, celui de chef de produit à 235 000 francs. Le directeur marketing reçoit une rémunération moyenne annuelle de 409 000 francs et le directeur commercial de 429 000 francs.


Fiche technique

 

Etude réalisée pour StepStone, auprès d’un échantillon de 168 sites internet (sites portails, thématiques et communautaires, fournisseurs d’accès Internet (FAI), de commerce électronique, d’information et de médias), à partir des 700 sites français les plus visités (source Netvalue), et sur la base des sites ayant au mois 5 salariés (382). Les interviews ont été réalisées par téléphone entre le 13 novembre et le 22 décembre 2000.


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