L'usage des NTIC dans les PME
françaises et américaines

 

Le 27 octobre 2000 - L’étude réalisée par Taylor Nelson Sofres IT/Telecoms auprès des Directeurs informatiques des PME et PMI françaises et américaines permet de comprendre leur usage actuel des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), de mesurer l’écart entre les deux pays…et d’esquisser le paysage français de demain.

 

Des applications multiples aux EU, qui n’en sont qu’aux balbutiements en France

 

En France, les entreprises utilisent avant tout Internet pour l’envoi ou la réception de courrier électronique externe et interne (78%). Si c’est aussi la première utilisation qui en est faite aux Etats-Unis (67%), Internet est largement utilisé pour d’autres types d’applications, qui n’en sont qu’aux balbutiements en France. C’est notamment le cas pour les services aux clients (44% aux EU pour 28% en France), le marketing (44% pour 26%) ou le knowledge management (39% pour 22%). Mais si l’écart est grosso modo de 1 à 2 dans l’utilisation des ces applications, il est plus important encore en matière de formation des salariés (29% aux EU pour 2,5 en France, soit 12 fois plus), ou de la vente de biens ou de services par Internet : si 29% des entreprises américaines pratiquent le e-commerce, ce n’est le cas que de 11% des PME française interrogées, soit 3 fois moins.

 

Si cette étude permet de mesurer les écarts de développement entre les deux pays, elle permet aussi de les relativiser. Car si les Français ont pris le train de l’Internet en retard par rapport à leurs concurrents anglo-saxons ou du nord de l’Europe, on voit qu’à l’exception de la formation, l’écart n’est pas aussi considérable que certains le laissent penser et, surtout, que la proportion des PME américaines qui ont investi dans le e-commerce n’est que d’un tiers.

 

L’apport de l’Internet pour les PME se situe avant tout dans la relation avec le client et l’amélioration du service

 

Les stades de développement différents et les interrogations sur le revenu que peut générer le e-commerce expliquent largement le fait que les entreprises américaines et françaises n’aient pas, aujourd’hui, la même vision des apports d’Internet pour l’entreprise.

 

Si Internet est avant tout perçu comme un moyen d’améliorer le service client et d’augmenter les ventes pour les Américains, il reste encore un outil de communication pour les Français. Ainsi, aux Etats-Unis, Internet permet avant tout d’améliorer le service apporté au client (66% des réponses) et est également perçu, par 38% des Directeurs informatiques interrogés, comme un moyen d’augmenter les ventes. En France, en revanche, Internet est d’abord considéré comme un moyen de communiquer plus efficacement avec les clients (75%) et les employés au sein de la société (53%). Si Internet est également perçu Outre-Manche comme un outil de communication interne (43%), c’est sur sa capacité à accroître les ventes que les différences d’appréciation sont les plus fortes (38% pour 27% en France).

 

En France, le E-commerce n’est pas encore perçu comme une source significative de revenus

 

Cette vision différente est intimement liée aux débouchés économiques potentiels des investissements dans l’Internet. 64% des PME françaises considèrent aujourd’hui que l’e-commerce n’est pas une source de revenus. Les entreprises américaines sont plus partagées sur ce point (45%). Parmi les entreprises américaines citant Internet comme source de revenus, 44% déclarent les tirer de la vente de produits et services. Ce n’est le cas que pour 25% des entreprises françaises. Si la publicité apparaît non négligeable en France (9%), on est encore loin, toutefois, des 21% générés aux Etats-Unis.

 

Au total, si 70% des entreprises américaines jugent profitables les activités de e-commerce, ce n’est le cas que de 35% des entreprises françaises. Pourtant, Internet semble promis à un bel avenir : 73% des entreprises interrogées déclarent envisager d’augmenter leurs investissements en la matière.

 

L’Internet mobile est-il utilisé par les employés ?

L’Internet mobile (WAP, Palm PC, portable et smart-phones) est utilisé en France, comme aux Etats-Unis, par 25% des salariés de PME connectés à Internet. La croissance de l’Internet mobile devrait se poursuivre, mais de manière raisonnable : un quart seulement des entreprises non-équipées envisagent un investissement. En France, cette utilisation est majoritairement destinée à permettre aux salariés d’accéder de manière distante à Internet : E-mail (96%), applications internes (50%) et d’informations générales (46%). Si l’accès à l’e-mail est aussi répandu aux EU qu’en France, l’accès aux informations générales y est toutefois largement plus développé (83%).

 

Stéphane Marcel
 


Téléchargez les résultats de cette étude (format .pdf)