
Les médecins et
Internet
Le 11 juillet 2000 - L'objectif de cette étude réalisée par le Département Santé de Taylor Nelson Sofres auprès de 200 médecins généralistes est de connaître l’idée que se font les médecins généralistes des recherches d'informations médicales que peuvent faire les patients sur Internet ; et notamment les bénéfices que les médecins comme les patients peuvent en retirer. Cette étude permet aussi de mesurer la fréquentation, par les généralistes, des portails professionnels médicaux ou santé grand public.
A l’heure actuelle, seulement 1 médecin sur 3 déclare avoir été informé par son patient des recherches que ce dernier peut faire sur Internet en matière d’informations médicales. Même si les médecins voient surtout des inconvénients au fait que les patients puissent rechercher des informations directement sur Internet, un peu plus d’un médecin sur 3 perçoit spontanément des bénéfices, soit pour le patient, soit pour lui–même dans sa pratique quotidienne. Le principal bénéfice est d’abord lié à l’information (32%). Les patients seront mieux informés et par là même, dans la pratique quotidienne, le dialogue avec le médecin en sera amélioré. Le médecin aura en face de lui un patient qui comprend mieux sa maladie, suit mieux son traitement. D’autre part, le médecin pourra en tirer un bénéfice personnel, soit par un complément d’information que lui apportera le patient, soit par une stimulation, une obligation de performance.
La grande majorité des médecins juge que la recherche d’informations médicales sur Internet par le patient présente des inconvénients
Mais les médecins perçoivent surtout des inconvénients à la recherche d’information par le patient sur Internet, tant pour le patient lui-même (95%), que pour le médecin dans sa pratique quotidienne (86%).
Selon les généralistes interrogés, les inconvénients se situent, pour le patient, à plusieurs niveaux. En matière d’information d’abord (50% des citations spontanées). Les médecins estiment que cet apport d’informations risque surtout d’être mal compris, mal interprété par le patient. Cette autonomie dans la recherche d’information peut avoir des conséquences anxiogènes pour le patient, le médecin étant incapable d’assurer son rôle de réassurance traditionnel (25% des citations), que les angoisses soient liées à la maladie elle même, à la découverte de sa gravité, ou aux effets secondaires des médicaments. Ceci peut avoir pour conséquence une modification de la relation entre le médecin et son patient - avec en particulier une perte de confiance, une remise en cause du savoir du médecin - , voire entraîner un changement de comportement du patient (31%). Le patient pourrait risquer de se découvrir, selon les médecins interrogés, des pathologies qu’il n’a pas (12%), de se soigner seul (10%), de faire des erreurs de diagnostic (5%), de faire confiance à des charlatans, ou enfin de ne pas respecter correctement son traitement.
Dans leur pratique quotidienne, les médecins interrogés s’inquiètent surtout d’un risque d’altération de leur relation avec le malade (42% des citations), des nouveaux comportements du patient (26% des citations) qui risquent de nuire à la qualité des soins (mauvaise observance, sélection des symptômes décrits, auto-diagnostic, angoisse, traitement inadaptés) et de la mauvaise qualité de l'information des patients. Les inconvénients personnels tels que la perte de temps ou les complications sont en revanche peu cités (10%).
4 médecins sur 10 utilisent régulièrement Internet pour des motifs professionnels
S’ils s’inquiètent des conséquences que peut avoir Internet pour leurs patients, et notamment pour la relation qu’ils entretiennent avec eux, 38% des médecins généralistes déclarent avoir, au cours du dernier mois, utilisé Internet pour des motifs professionnels. Parmi eux, près d’1 sur 5 déclare rechercher " souvent " des informations médicales, et près d’1 sur 2 de " temps en temps " . Seuls 15 % d’entre eux déclarent ne pas rechercher d’informations médicales.
Parmi les médecins qui se sont connecté au cours du dernier mois, deux sur trois déclarent spontanément avoir visité des portails d’information professionnels, notamment des portails médicaux et d’université. Les plus fréquemment cités sont Médisite (13%), le CHU de Rouen (13%), Atmédica (8%) et Santé Net (7%). Parmi les sites de presse, celui du Quotidien du Médecin est le plus visité (4% des citations spontanées).
Environ 1 médecin sur 4 (s’étant connecté au cours du mois écoulé), interrogé spécifiquement sur ce sujet, déclare s’être connecté à un site de laboratoire, mais ces sites ne viennent que très peu spontanément à l’esprit des médecins (5%) lorsqu’on les interroge sur les portails professionnels médicaux qu’ils ont visités. Quant aux portails de santé grand public, ils ne retiennent que faiblement l’intérêt des médecins : seuls 11 % déclarent en avoir visité.
Lorsqu’ils vont visiter des portails d’information médicaux, les médecins vont essentiellement y chercher de l’information sur les pathologies (notamment les maladies rares) ou les médicaments, et dans une moindre mesure des informations d’ordre professionnel (juridiques, formation).